Cancer

19mai08

Ce matin je me suis réveillé guilleret, j’avais oublié que j’allais crever, pensée qui me préoccupais la veille. Je me suis levé en douceur, si ce n’est en pleine forme, du moins l’esprit moins embrumé qu’à l’habitude. J’ai quand même mis un certain temps à m’extraire de mon lit, laissé mon réveil parcourir plusieurs cycles. 1 minutes de clairon. 9 minutes de silence suffisant à me rendormir profondément. J’avais fait des rêves absurdes mais sans importance.

Acheter des chemises, ouaih pourquoi pas, effectivement j’y réfléchis depuis des mois, le temps qu’il faut pour me décider à effectivement me lancer, mais je ne vois aucune raison pour laquelle cette lubie avait à ressortir dans mes pensées nocturnes. Je suis superficiel en songes ridicules. Donc après 4 ou 5 cycles, je sautais de mon lit, ce qui suffit à sèchement me remettre les pieds sur terre, mon matelas étant alors hors d’accès. A la bourre comme d’hab, je me résigne à me contenter d’un thé. Plus un bol de propre. Je soulage mes entrailles ramollies par un week-end alcoolisé, me douche en vitesse, puis après avoir ingurgité ce jus chaudasse de poire/framboise me laisse attirer par ma télé pourrave, qui scotche mes pensées par encore alertes avec quelques nouvelles du monde sortant d’une jolie bouche, de quoi me mettre vraiment en retard.

Cette idée de mort imminente provient de douleurs mystérieuses qui me rongent la poitrine, et que j’associe directement à des tumeurs me rongeant les poumons, pourriture de l’intérieur auto-produite qui me consume petit à petit, se propageant dans mon organisme délabré. Ces pensées hypocondriaques me poursuivent depuis des années, véhiculées par des années de pratiques “à risque” que je n’ai pu me résoudre à stoper net les premiers symptomes inquiétants apparaissant. L’idée de mourir alors que je n’ai même pas atteint la trentaine est totalement ridicule mais je lui tiens face sans crainte. Disparaitre aujourd’hui ou plus tard, la différence est assez ténue, d’autant plus que sans attache, ma disparition pure et simple de la surface de cette planète ne sera pas d’un grand impact, on m’oubliera bien vite tout comme j’oublierais moi-même n’importe quel de mes potes. Si l’un d’eux mourrait, j’y songerais de temps en temps, brièvement, j’imaginerais ses réactions, ce qu’on aurait fait ensemble si il vivait ensemble. Ca peut très bien s’appliquer à un pote mort suicidé, une copine morte d’un cancer, ou à mon grand père lui aussi mort d’un cancer.

Il y a quelques années, je n’arrive plus vraiment à situer quand, il me semble que c’était alors que j’habitais encore chez mes parents, j’avais vu un reportage, sûrement Zone Interdite ou une émission du genre, sur le cancer du poumon touchant les jeunes de plus en plus tôt, et je me rapelle distinctement un petit passage, une interview d’un type à qui on en avait diagnostiqué un. Il s’était rendu à l’hopital après des douleurs inexpliquées à aux côtes et était ressorti de l’hopital dans un cerceuil comme nous l’apprenait la fin du documentaire. Le type était un arabe de banlieue, même pas la trentaine, sorti de la période racaille même si je l’imagine aisément se défoncer le crane quotidiennement à tirer douille sur douille de vieux shit de cité.



No Responses Yet to “Cancer”  

  1. No Comments Yet

Leave a Reply